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durée : 2H05

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Préambule:

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NORMES

 

Qu’elles soient sécuritaires, esthétiques, HQE, 2010 et qu’elles recommandent et régissent la création architecturale, elles ne prennent pas en compte les pressions anxiogènes et comportementales qu’entraînent notre vision du progrès et son cortège de stress que l’on a décrits plus haut..

Les normes ne nous exemptent pas de la sur-consommation ou de l’extension des réseaux et des temps de déplacements quotidiens. Elles ne remédient pas à l’extension des périphéries urbaines. Elles ne remédient pas à notre obligation d’allégeance aux monopoles de distribution, d’assainissement, de sécurité et d’assurance ni à l’impérialisme des marchés publicitaires et spéculatifs. Elles ne remédient pas à l’obésité agroalimentaire….

Un immeuble HQE, s’il se veut plus raisonnable qu’un autre, n’est pas pour autant garant d’autonomie identitaire. Si les normes HQE peuvent être louables pour la prise de conscience écologique qu’elles tentent de mettre en œuvre, elles sont très insuffisantes à restaurer une écologie qui laisserait dernière nous une planète vivable pour tous. Les principes de densifications et les modes de vie n’y sont pas réellement questionnés. La densification et la compression des déplacements restent des sujets inabordables et éternellement repoussés.

Egocentrismes aidant, mieux vaut l’extension des villes et une non-cohabitation distanciée que de défigurer et dévaloriser le saint du saint des centres anciens. Mieux vaux des milliers de tonnes de CO2 qu’une voiture propre et/ou collective, mieux vaut mon  patrimoine architectural que de changer les fenêtres à petits carreaux en capteurs solaires ou les balcons en potagers hydroponiques sous serres totalement hors normes et inesthétiques. Mieux vaut des appartements vides que partagés.

Enfin, mais je ne vais pas toutes les énoncer, les normes ne remédient pas à l’exclusion sociale ni aux coûts de location et d’accès au logement. Nous sommes dans un marché dont l’objectif de « profit pour le profit » ne permet pas à l’architecture d’être libre.

Si on peut penser que, dans cette forêt de paradoxes et d’aveuglements, les propositions de libertés architecturales relèvent de l’utopie - appelons-les utopies -.

Elles sont absolument urgentes et nécessaires.

 

F. Seigneur

 

ARCHITECTONOMES

 

Intervenant : François Seigneur, architecte

 

 

 

 

 

 

5ème séance

 

18 mars 2008

au Point Ephémère

200 quai de Valmy

75010 PARIS