CONFERENCE miguel mazeri le 11-03-09 à 16h32 |
TITRE DE LA CONFERENCE:
L’architecture comme réenchantement des cultures : du musée des colonies au musée du Quai Branly
DATE ET LIEU: MARDI 14 AVRIL, école des Beaux-arts de Reims
intervention de Miguel Mazeri
Résume : Le Musée du Quai Branly est la dernière grande institution culturelle construite dans l’espace parisien. Nous devons sa réalisation à l’agence d’architecture Jean Nouvel. Dès son ouverture en 2006, le musée fut l’objet de nombreuses critiques provenant aussi bien du milieu des architectes que de la communauté scientifique des anthropologues. L’analyse de cette controverse est une façon de nous réinterroger sur les liens qui existent entre production des formes architecturales et production des discours, entre pratique de l’espace et sens symbolique qu’il véhicule. Reprenant le fil conducteur de l’histoire contemporaine à partir de l’exposition coloniale de 1931, nous verrons comment l’architecture accompagne plus ou moins explicitement de par ses dispositifs la mise à l’écart de l’étranger en prétextant pourtant s’en rapprocher.
La présentation sera illustrée de nombreuses photographies afin de sensibiliser les étudiants à la lecture d’un espace architectural comme lieu d’une expérience sensible et politique. La description s’efforcera de sortir des lieux communs pour réengager le goût de la critique, de l’argumentation et du jugement. |
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LA COMEDIE URBAINE miguel mazeri le 21-01-09 à 11h39 |
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Voici une manière originale de parler des États-Unis sans prononcer le nom de Oba … ! La réédition des travaux du dessinateur Will Eisner chez l’Éditeur Delcourt à la fin de l’année 2008 est une occasion pour se plonger (replonger pour certains) dans l’univers urbain des villes américaines, à New York plus précisément.
En arpenteur insatiable de la rue, en observateur méticuleux des usages et des usagers dans la ville, Will Eisner dresse une série de portraits drôles et souvent tragiques de ses habitants anonymes qui négocient sans arrêt une place dans la ville.
Le ton de la couverture du TOME1 est trompeur. Assis sur le bord d’un acrotère du toit-terrasse d’un immeuble, le dos appuyé sur une conduite de cheminée en brique, un couple contemple la ville. Lui, a le regard tourné vers le bas et elle, semble-t-il, le regard braqué vers l’horizon des tours. Chacun embrasse une réalité de la ville. C’est le seul réel répit du livre. Dès les premières pages tournées Will Eisner nous entraine sous la rue, dans les trous d’aération du métro crevant la surface de l’avenue C, des : « crevasses crasseuses qui recueillent la fiente et les inévitables débris d’innombrables collisions qui surviennent dans le flux de la ville ». Will Eisner ne flâne pas, il gratte le fond de la ville, fait de l’espace public son espace intime.
Vue de loin – nous dit l’auteur – la plupart des grandes cités ne sont qu’une accumulation de bâtiments, de populations nombreuses et de vastes superficies. Pour moi, cela ne représente pas la « réalité ». La grande ville telle qu’elle est vue par ses propres habitants constitue en revanche le véritable reflet de cette réalité. L’essence même de la ville se trouve dans les crevasses de son sol, et dans les recoins de son architecture, là où le quotidien s’insinue.
En 3 tomes, instantanées ou développées, les histoires de Will Eisner sont une manière de repenser les conditions minimums d’une commune urbanité.
New York Trilogie
TOME1 : La Ville
TOME2 : L’Immeuble
TOME3 : Les Gens
Éditeur : Delcourt |
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Retour au réel: le pastiche et le faux-semblant! Miguel mazeri le 15-01-09 à 09h42 |
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Bonne année!
Non il n’y a pas de ma part d’ironie particulière, malgré un contexte un peu particulier, pour vous souhaiter une bonne année. Vous remarquerez que la formule reste sobre et que je me garde bien d’y attacher les multiples prérogatives usuelles.
Le champ des opérations commence donc pour le collectif. Nous investissons l’espace de la métropole pour observer et décrire les tractations et autres négociations qui ont cours dans l’espace public. Je dis « nous » car pour amorcer les activités de l’observatoire parisien, j’ai décidé de m’associer avec le photographe et historien de l’art Matthias Schäfer. Comme moi, il se soucie de la manière de rendre compte du réel sans attention de le déconsidérer par la suite par un étayage herméneutique qui se voudrait plus « scientifique ». Le réel se donne pour ce qu’il est, c'est à dire en dehors de toutes autres prescriptions qui tendent trop souvent à le rendre second, voir, inutile. Nous l’aurons compris, nous partageons un amour viscéral pour l’ « étant » au détriment de l « être », de « l’autre » au détriment de « soi ».
Si l’espace public semble « tenir le coup » et qu’il ne renonce pas à la diversité et à l’altérité, c’est que nous déployons des trésors d’imagination pour négocier au mieux la capacité de partager un espace. Mais quelles sont les pratiques réelles qui ressortent de cet espace public ? Nous amène-t-il (l’espace public) réellement à soutenir l’intérêt pour l’autre ou à nous retrancher vers les derniers bastions de nos individualités ? Ne sommes-nous pas en train de réfuter ce qui est l’aspect fondamental de l’espace public, c'est-à-dire son caractère imprévisible ? non écrit?
Pour tenter d’apporter un début de réponse, nous avons décidé avec Matthias Schäfer de planter le théâtre de nos observations dans le quartier de Montmartre à Paris. Nous tenterons de rendre compte d’un univers des pratiques dans l’espace public, évoquerons la gestion de ses espaces, la façon dont l’histoire patrimoniale est investie à l’échelle des individus en ayant en tête le concept anglo-saxon de « storrytelling », c'est-à-dire la façon dont un espace raconte une certaine histoire (la scénarisation de l'espace). Cette technique sous-tend bien souvent un dispositif de ré enchantement des lieux ce qui n’est pas sans conséquence sur la destination de ces derniers, le choix implicite des publics, et le recours, en matière d’architecture comme en matière d’appareillage social, à la notion de pastiche de décor et de faux-semblant. Mais n’est-ce pas là le nouveau registre de nos actions ? Notre horizon d'attente ?
La collaboration avec Matthias Schäfer est une façon de remettre en scène la collaboration ethnographique de l’écriture de terrain et de l’image photographique et donc de réactualiser la façon dont l’un et l’autre vient étayer la question du réel et l’ouvrir à discussion.
J’ai en tête la collaboration marquante du photographe Walker Evans et du journaliste James Agee au début du XXe siècle que l'on peut retrouve dans l'ouvrage intitulé "louons maintenant les Grands hommes".
Cette écriture conjointe est une manière d’amplifier notre rapport avec le réel, de le questionner (la photographie n’est pas une illustration), de dresser les territoires communs entre le point de vue de la photographie et celui du carnet de terrain, tous deux, soucieux de décrire au mieux la scène en prenant pleinement conscience de sa position dans cette construction.
Enfin je garde en tête la très stimulante communication de l'anthropologue Alban Bensa, Champs et contrechamps de l'anthropologie, Film documentaire et texte ethnographique
Miguel |
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Berlin - Paris : dernier extrait ! charles detilleux le 13-12-08 à 16h58 |
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Mise en ligne de la dernière séquence de Berlin-Paris, par Matthias Schäfer, dans la rubrique des projets invités.
SEQUENCE 60 Angle rue Montmartre/rue d’Aboukir / 09I2006 / 20h23/
- consultez ici l'article du site rencontres.de consacré au projet - |
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Peau neuve pour le collectif miguel mazeri le 30-11-08 à 23h00 |
texte
Bonjour à tous,
Comme vous pouvez le constater, le site du collectif fait peau neuve.. Meilleure lisibilité de l’information, accessibilité simplifiée. Le graphisme de départ s’efface au détriment d’une lisibilité accrue sur le contenu de nos informations.
Ce dépoussiérage est aussi l’occasion pour que le collectif puisse tirer tous les bénéfices de sa configuration géographique : New Delhi, Inde (Charles), Shanghai, Chine (Chen), Paris, France (Miguel) et Guadalajara, Mexique (Thomas). Ce dispositif va nous permettre de dessiner virtuellement un carrefour métropolitain qui devra, grâce au regard croisé de chacun d’entre nous, rendre compte de thématiques communes ancrées sur les transformations physiques, esthétiques, relationnelles et politiques des villes.
4 prises de son, 4 relations au terrain, 4 bruits de métropoles, 4 points de vue sur les villes, 4 façons de s’interroger et 1 volonté de ne jamais céder à l’analyse systémique.
Cette méta plateforme métropolitaine est l’opportunité de développer une véritable économie de terrain, chère à la sociologie anglo-saxonne ainsi qu’aux ethnographes. Il est normal, dès lors, que les premiers travaux que nous proposerons, reposent sur des techniques éprouvées par les ethnographes, le recours à des entretiens, l’analyse de micro situations urbaines, mais aussi, plus distanciées, la ville comme dispositif.
C’est chez le philosophe Michel Foucault que l’on trouve une très intéressante définition du « dispositif » :
« ensemble résolument hétérogène, comportant des discours, des institutions, des aménagements architecturaux, des décisions réglementaires, des lois, des mesures administratives, des énoncés scientifiques, des propositions philosophiques, morales, philanthropiques, bref : du dit, aussi bien que du non-dit », ce à quoi nous pourrions ajouter : « des manières d’être et des manières de faire » dans la mesure où le dispositif engage des relations entre des personnes.
Le collectif mobilisera ses nouvelles ressources techniques pour mettre en ligne de nombreux entretiens de témoins tant au niveau des concepteurs (architecte, urbaniste, paysagiste, designer, ingénieur, artiste, etc.), des commanditaires (privé et public), des universitaires (sociologue, anthropologue, historien, philosophe) que des usagers (collectif d’habitant, association de quartier, etc.).
Le collectif balaiera les problématiques sociales au plus proche des pratiques en s’efforçant de tenir compte de cadres plus généraux qui pèsent sur le choix des acteurs, comme les politiques publics, l’avènement d’une société civile de plus en plus soucieuse de son « bien-être » urbain, le déficit de figures nouvelles et inédites dans la représentation de l’action publique, etc.
Le collectif s’efforcera de tenir de près les débats les plus marquants sur la ville, la question du bien commun, de la civilité, de l’intimité « tyrannique » (Richard Sennett), etc. en tant qu’ils conditionnent une partie de notre point de vue.
Et bien d'autres possibilités encore ... |
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